La Jacques Gouin
Il y a pas mal de malades dans le vélo, il semble. Avaler 115km en
compétition dans le froid de février, c’est une folie qui a attiré quelques 400
cyclistes – dont William et Richard – ce 24 février pour la première cyclo
francilienne de l’année.
Le départ est donné sous un brouillard glacial avec comme hors d’oeuvre une
première section de 13kms neutralisées. L’idée de partir tranquillement
ensemble est bien sympa, mais elle est finalement assez dangereuse, car
vraiment pas facile de gérer les coups de freins et les changements de rythme
en peloton quand on voit à peine cinq mètres devant (et en plus, on sent plus
ses mains gelées !).
Le coup de départ réel signale une violente hausse de rythme qui l’est
bienvenue, car il permet très rapidement de créer des groupes d’une taille plus
gérable. Dans ce brouillard, les cassures ne se voient pas, et nous nous
retrouvons quasiment de suite dans un peloton d’une trentaine de coureurs,
nombre bientôt réduit dans la première des nombreuses jolies côtes, dont la
principale traite est d’être raide mais gracieusement courte.
Dans la première vraie descente, je me fais une frayeur : nous sommes
deux à ne pas voir les réflecteurs anormalement costauds cachés entre deux
ralentisseurs. J’évite de justesse la chute, mais je suis obligé de m’arrêter
pour faire état des dégâts. La bonne nouvelle, c’est que j’ai pas crevé, car
pas sûr de pouvoir changer la chambre d’air avec des glaçons à la place de
doigts. La moins bonne nouvelle, c’est que j’ai perdu mon bidon, lancé à toute
vitesse dans une fossé.
Bon, c’est pas grave, et William a la gentillesse de me filer suffisamment
d’eau pour le reste de la course. Rattrapé par une vingtaine de coureurs, nous
attaquons une nouvelle montée qui fait exploser le groupe. Au sommet, j’ai bien
chaud et je ralentis pour enlever le bonnet sous mon casque. Erreur tactique,
car d’un coup, nous nous retrouvons piégés entre deux groupes. William, avec la
force qui le caractérise à vélo de nos jours, décide de prendre en main la
poursuite. J’avais déjà mal aux jambes, et, au bout de quelques minutes, je
suis obligé de le laisser continuer seul.
Suivent 15kms pendant lesquelles je roule seul, en attente du prochain
groupe qui semble avoir disparu (bon, on voit pas loin dans ce brouillard, mais
ou sont-ils ?!). Enfin, ils arrivent – et avec eux, le soleil. On est
alors une petite dizaine, et je me retrouve vite devant à faire le tempo, en
combinaison avec un gars de l’A.C. Creusoise, qui est super fort. Et sans nous
rendre compte, nous nous retrouvons bientôt à deux. Ca m’étonne pas d’apprendre
qu’il a souffert une crevaison, car il a clairement le niveau d’être loin
devant. Il reste 45km, et nous les avalons à toute vitesse en tandem. Au début,
c’est lui qui fait le gros du travail, mais je me sens de mieux en mieux et, au
finale, c’est moi qui prends les relais les plus longs devant. Comme c’est
gratifiant de s’améliorer au fur et à mesure, et d’attraper et doubler groupe
après groupe.
La course s’achève au sommet d’une petite montée particulièrement raide. Pas
de souci avec le triple plateau. La ligne franchie (moyenne de 30,8kph), je
serre la main de Monsieur Creusoise, et nous parcourons tranquillement ensemble
les sept dernières kilomètres de nouveau ‘neutralisées’ (le classement se fait
en haut de la dernière côte). Retrouvailles à la voiture avec William, qui a
également apprécié cette première mise en jambe bien organisée et très agréable
à courir.
Richard




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